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    Billet

    Rendez-nous «l'Equipe»

    Par Gilles Dhers
    Des salariés de «l'Equipe» en grève, le 13 janvier.
    Des salariés de «l'Equipe» en grève, le 13 janvier. Photo Martin Bureau. AFP

    Rendez-nous le journal, en grève depuis dix jours, pour qu’on s’énerve de la place prépondérante qu'il accorde au foot, pour le plaisir coupable de regarder «les notes du match» ou pour critiquer les titres. Parce que ses journalistes, qui ont su se réinventer pendant la pandémie, le méritent.

    Dix jours qu’en cliquant sur l’onglet «le journal» sur le site de l’Equipe, on tombe sur : «Chers lecteurs, en raison d’un mouvement social, nous regrettons de ne pas pouvoir vous proposer votre quotidien» et sur la une du 8 janvier qui annonce que les Lyonnais ont des têtes de champion. Depuis, le «mouvement social» ne se débloque pas, l’OL a perdu à domicile contre Metz, ce qui fait tache pour des possibles champions et 315 sportives et sportifs (au pointage de ce matin) ont signé le texte #ReviensViteLEquipe.

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    Soyons clairs, tous les journalistes qui traitent du sport, pourraient eux aussi lancer le hashtag #Rendez-nousl’Equipe, tant la lecture du quotidien sportif est le premier geste de leur journée de travail et qu’ils sont tout paumés depuis dix jours. Parce que l’honnêté consiste à reconnaître que pour eux l’Equipe est plus qu’un journal, c’est un outil de travail, un fournisseur d’idées et de sujets.

    Rendez-nous «l’Equipe» qui est là où il faut quand il faut

    Rendez nous l’Equipe aussi parce qu’on veut savoir si «les spécialistes» ont vu le même match que nous la veille. Rendez-nous l’Equipe pour qu’on s’énerve de la place prépondérante que le journal accorde au foot. Pour le plaisir coupable de regarder «les notes du match» même si officiellement on se dit «et pourquoi les sportifs ne noteraient pas les journalistes ?» Rendez-le nous parce que les Marseillais le trouvent trop pro-PSG, parce que les amateurs de tennis trouvent qu’il n’y en a pas assez dans ses pages et trop de biathlon. Parce que malgré tout, on lui pardonne la place trop importante accordée au Dakar (propriété de la maison).

    Rendez-nous l’Equipe même si son site ne s’excuse qu’auprès de ses lecteurs et pas de ses lectrices de ne pouvoir proposer son journal. Même si les titres «Handball, France-Suisse, un match pas si neutre» ou «Duchmol parti pour rester» sont nuls. Même si l’exclu mercato du jour est démentie le lendemain. Rendez-nous l’Equipe qui est là où il faut quand il faut. Parce que le quotidien a les meilleurs consultants. Parce que dans le dernier numéro paru, il y avait une enquête sur la gestion cata de la Fédération française de judo et une interview de Clément Grenier, un papier déplorant que le ski soit mal filmé à la télé et une double page sur les jeunes pousses du rugby français. Rendez-nous l’Equipe parce que ses journalistes le méritent, eux qui, depuis un an, ont réussi à se réinventer et à réinventer leur journal malgré la disette d’événements sportifs due à la pandémie. Au fond on le préfère quand il raconte le sport plus que les matchs.

    Gilles Dhers
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