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    Conflit

    En Afghanistan, les pourparlers de paix à l'arrêt

    Par Luc Mathieu
    Le représentant des Etats-Unis pour la paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, et le mollah Abdul Ghani Baradar, à Doha le 29 février.
    Le représentant des Etats-Unis pour la paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, et le mollah Abdul Ghani Baradar, à Doha le 29 février. Photo Giuseppe Cacace. AFP

    Réunies au Qatar, les délégations envoyées par les talibans et par Kaboul attendent de savoir si l'administration de Joe Biden reviendra sur le départ des troupes étrangères validé par Donald Trump.

    Officiellement, les négociations de paix entre talibans et représentants du gouvernement afghan ont repris comme prévu le 5 janvier à Doha, au Qatar, après un mois de pause. En réalité, rien ne se passe. Les délégations ne sont pas au complet – il manque notamment deux chefs insurgés – et les pourparlers restent au point mort. «Il ne devrait pas y avoir d’avancée sérieuse car les deux parties attendent les orientations de la nouvelle administration américaine», explique une source diplomatique à Kaboul. «Si elle ne respecte pas l’engagement de retrait de ses troupes, alors nous devrons nommer des partisans de la ligne dure sur le terrain», a indiqué un négociateur taliban à Reuters.

    Les insurgés, qui n’ont jamais caché leur sympathie pour le président sortant Donald Trump, se méfient de son successeur, Joe Biden. Reviendra-t-il sur l’accord signé avec Washington, sans l’assentiment ni même une consultation du gouvernement afghan, le 29 février à Doha ?

    Sanctuaire et assurance

    Celui-ci entérinait le départ des soldats américains d’ici mai en échange de l’assurance que les talibans ne laisseront pas des groupes jihadistes, dont Al Qaeda, transformer à nouveau l’Afghanistan en un sanctuaire pour fomenter des attaques contre les intérêts des Etats-Unis et de leurs alliés. Le retrait des troupes s’est accéléré ces dernières semaines. Il reste environ 2 500 soldats américains, alors qu’ils étaient 13 000 l’été dernier.

    Un revirement de Washington est, à l’inverse, souhaité par le président afghan, Ashraf Ghani, et une partie de ses proches. Furieux de ne pas avoir été associés aux discussions américano-talibanes, ils ne cessent de les critiquer. Ils ont tenté, en vain, de refuser de relâcher 5 000 prisonniers talibans, comme le prévoyait l’accord. «Une délégation américaine est venue nous voir et nous a juré sur les saintes écritures qu’en libérant 5 000 talibans, il n’y aurait plus de violences. Nous leur avons dit que nos renseignements nous disaient l’inverse et que les violences augmenteraient. Les violences ont augmenté», a affirmé le vice-président Amrullah Saleh lors d’une interview avec la BBC vendredi. Selon lui, l’administration Trump a fait une erreur en accordant «une concession majeure» aux insurgés.

    «Absurde»

    La présidence afghane peut-elle espérer une nouvelle politique de la part de Joe Biden ? «Beaucoup en sont persuadés, mais c’est absurde. Le départ de l’armée américaine est acté», assure la source diplomatique. Joe Biden s’est peu exprimé sur l’Afghanistan lors de la campagne présidentielle. Mais, depuis l’échec de l’invasion irakienne, il n’est pas connu pour être un partisan des interventions extérieures d’ampleur.

    En 2009, alors vice-président de Barack Obama, il s’était opposé aux renforts massifs – environ 30 000 hommes – que le président s’apprêtait à envoyer en Afghanistan où la guerre s’enlisait. Selon lui, la stratégie militaire menée par le Pentagone coûtait trop cher et se focalisait sur un ennemi trop puissant et trop dispersé, les talibans, alors qu’elle aurait dû se concentrer sur la lutte contre Al Qaeda. Une position qu’il a réitérée lors de sa campagne en se prononçant pour un rapatriement de la majorité des troupes, y compris du Moyen-Orient, et un basculement vers la lutte contre-terroriste, confiée à des unités de forces spéciales ou de la CIA.

    Celles-ci sont déjà déployées en Afghanistan. Elles assistent notamment les unités du NDS (National Directory of Security, les services de renseignement afghans) lors de leurs raids contre les talibans ou contre des combattants d’Al Qaeda et de l’Etat islamique. Elles sont aussi régulièrement dénoncées par les associations des droits de l’homme pour les bavures qu’elles commettent.

    Luc Mathieu
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