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    Au rapport

    L'Etat islamique reste enraciné en Irak et en Syrie

    Par Luc Mathieu
    Lors d'un rassemblement de soutien à l'assaillant de Conflans, à Idlib, dans le nord-est de la Syrie, le 28 octobre.
    Lors d'un rassemblement de soutien à l'assaillant de Conflans, à Idlib, dans le nord-est de la Syrie, le 28 octobre. Photo Mohammed Al-Rifai. AFP

    L'organisation mène une centaine d'attaques par mois et disposerait de plus de 85 millions d'euros en cash.

    Affaibli, mais toujours vivant et menaçant. L’Etat islamique a beau avoir perdu son «califat» entre la Syrie et l’Irak au printemps 2019, il n’a pas été annihilé pour autant : il continue à frapper, avec des tactiques nouvelles, tout en incitant ses partisans à attaquer à l’étranger, dans leurs pays, selon un rapport de l’inspecteur général des forces américaines de la coalition anti-Daech qui vient d’être rendu public.

    «L’Etat islamique poursuit une insurrection de bas niveau en Irak et en Syrie et constitue toujours une menace terroriste, à la fois dans ces deux pays et au niveau mondial. Si l’organisation a été vaincue territorialement et a vu son leadership affaibli, ses hommes tentent de regagner du terrain et continuent à soutenir des actions violentes à l’étranger», explique le rapport, qui couvre la période de juin à septembre et a été présenté au Congrès américain.

    Assassinats ciblés

    En Syrie, les partisans de Daech se concentrent dans le désert du sud, ainsi que dans les régions de Deir Ezzor (Est), d’Alep (Nord) et Idlib (Nord-Ouest). Ils ne sont plus en mesure de lancer des offensives majeures contre les Forces démocratiques syriennes, alliance de combattants kurdes et arabes déployée dans l’Est, ou contre le régime syrien. Mais il peut les harceler, en posant des mines artisanales et en pratiquant des assassinats ciblés contre des responsables locaux considérés comme des «infidèles» ou des espions.

    L’organisation use des mêmes tactiques dans l’Irak voisin, principalement dans les provinces de Diyala, Kirkuk ou de l’Anbar. Au total, plus de 350 attaques de ce type ont été recensées entre juin et septembre. Environ 10 000 combattants se répartissent entre les deux pays.

    «Individus seuls»

    Selon le renseignement militaire américain, l’EI ne semble en revanche plus capable d’organiser et de diriger des attentats d’ampleur dans les pays occidentaux. Les dirigeants qui auraient pu le faire sont aujourd’hui traqués, et se cachent, en Syrie et en Irak. Ils ne peuvent que lancer des appels publics à leurs branches implantées ailleurs dans le monde à frapper les Etats-Unis et les pays européens.  Mais l’organisation «veut toujours montrer qu’elle peut atteindre l’Occident», note le rapport. Elle s’appuie avant tout sur des «individus seuls» qu’elle tente «d’inspirer». L’assassinat du professeur Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre, ou ceux de trois personnes dans la basilique Notre-Dame de Nice, le 29 octobre, pourraient en être des conséquences.

    Côté finances, l’EI a souffert mais n’est pas exsangue pour autant. Ces trois dernières années, des dizaines de millions de dollars ont été saisis par les forces de la coalition. Sans territoire, ses revenus se sont taris. Mais Daech pratique toujours l’extorsion, tire des revenus des trafics de pétrole et probablement de tabac, engrange des rançons d’enlèvements et reçoit des donations.

    Des intermédiaires restent capables de faire transiter du cash entre l’Irak et la Syrie, et des réseaux, notamment grâce au système traditionnel de paiement informel du hawala, permettent d’envoyer de l’argent à l’étranger via la Turquie. Au total, ses réserves s’élèveraient à environ 100 millions de dollars (85 millions d’euros). Un montant comparable à celui estimé par le secrétariat général des Nations unies. 

    Luc Mathieu
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