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    Violences policières

    Manif contre la loi «sécurité globale» : le lourd CV du commissaire serial-frappeur

    Par LIBERATION
    Lors de la manifestation place de la République à Paris, ce samedi.
    Lors de la manifestation place de la République à Paris, ce samedi. Photo Stéphane Lagoutte. Myop pour Libération

    Le site d'information «Streetpress» a retrouvé le policier filmé en train de matraquer un manifestant place de la République samedi en marge du cortège pour les libertés. Il s'agit de Paul-Antoine Tomi, chef de la brigade de répression de l’action violente motorisée créée par le préfet Lallement, et le petit frère d'un homme d'affaires considéré comme un parrain Corse.

    Dans la vidéo filmée samedi place de la République en marge de la manifestation contre la loi «sécurité globale» par le journaliste de Brut, Rémy Buisine, on le voit asséner les coups de matraques sur un manifestant assis. Le jeune homme tente de se défendre, mais le commissaire de police continue de frapper sans s’arrêter durant une quinzaine de secondes. Depuis, la séquence a fait le tour de réseaux sociaux et une enquête administrative a été ouverte par le préfet de police, Didier Lallement, «afin d’avoir des explications sur les circonstances», selon le Huffington post. De quoi allonger la longue liste des actes de violences commis par les policiers ces dernières années, notamment pendant les manifestations des gilets jaunes.

    Mais il y a mieux : le CV du policier serial-frappeur, détaillé ce lundi soir par Streetpress, et de son vrai nom : Paul-Antoine Tomi. D’abord, le fonctionnaire n’est pas n’importe qui. C’est un commissaire divisionnaire, «habitué des manifestations du samedi», et membre du bureau national du Syndicat National des Commissaires de la Police nationale (SCPN). Depuis la publication des vidéos, l’organisation syndicale défend d’ailleurs son adhérent, relève le site d’information, sans mentionner son appartenance. Mais le policier, surnommé «Tomi le Corse» par les journalistes spécialisés dans la couverture des manifestations - notamment en raison d'«un patch en forme de drapeau de l’île» sur une poche de son uniforme - est depuis 2016 à la tête de la Division régionale des motocyclistes de la préfecture de police de Paris (DRM).

    Petit frère d’un parrain corse

    Soit, le chef de la brigade de répression de l’action violente motorisée (Brav-M), unités mobiles créées par le préfet de police en mars 2019 pendant le mouvement des gilets jaunes. Des unités aux méthodes musclées censées mettre très rapidement un terme à des violences ou des débordements dans les cortèges. Les actions du commissaire à la tête de la brigade, souligne  Streetpress, ne font pas l’unanimité en interne. C’est par exemple lui qui a dirigé l’évacuation musclée des militants d’Extinction Rebellion qui occupaient pacifiquement un pont parisien en juin 2019.

    Au sein de la police, dans laquelle il est rentré en 1994, Paul-Antoine Tomi a déjà été rétrogradé pour des affaires qui font «mauvais genre». Commissaire depuis 2003, il avait en effet été recruté  à la Direction générale de la sécurité Intérieure (DGSI), par l’ancien grand-flic Bernard Squarcini, aujourd’hui reconverti dans le conseil privé. Problème : s’il chapeaute pas mal d’écoutes judiciaires et administratives pour le renseignement intérieur, Paul-Antoine Tomi, n’est autre, selon le journal en ligne, que le petit frère de Michel Tomi… considéré comme l’un des derniers parrains de la mafia corse ! L’homme d’affaires, millionnaire, a fait fortune dans les casinos en Afrique. Des «liens familiaux qui font tache» selon Streepress et qui valent au commissaire en 2016 d’être transféré à la Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC). Avant d’être décoré à l’été 2019 de la médaille de la sécurité intérieure à la suite de la répression du mouvement des gilets jaunes.

    LIBERATION
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