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    Sondage

    Climat, crise sanitaire… les Français ont leurs maux à dire

    Par Fabrice Drouzy

    L’Ifop a mené une enquête sur les dangers qui guettent nos sociétés, auprès de sondés lucides sans être découragés.

    Qui a dit que les Français étaient individualistes, repliés sur eux-mêmes ou terre à terre ? A l’initiative de Solutions solidaires, l’Ifop vient de réaliser une large enquête sur les dangers qui menacent nos sociétés et les solutions à mettre en place pour y remédier (1). Le résultat nous dévoile une France ouverte sur le monde.

    «Quels changements vous semblent actuellement les plus importants ?» Loin des soucis du quotidien, la préoccupation principale des Français est une question d’intérêt général : le réchauffement climatique est vu par 48 % des sondés (2) comme l’événement majeur de ces dernières années. Il devance les questions sanitaires et sociales liées à la pandémie (44 %) et les écarts de revenus et de richesses (37 %). Loin derrière (entre 12 et 7 %) viennent les rythmes de vie, les nouvelles technologies, les inégalités entre les territoires, les mutations du travail…

    Lucides, les sondés voient dans ces changements un danger réel pour nos modes de vie, et le réchauffement et la crise sanitaire arrivent en tête des maux auxquels vont devoir faire face nos sociétés.

    «Fragilité». Une tendance qui n’étonne pas le directeur du département «Opinion» de l’Ifop. «Les questions environnementales étaient déjà très présentes dans le débat public, affirme Jérôme Fourquet, et nos concitoyens ont une lecture écologique de la crise sanitaire. Elle rejoint la thèse de Nicolas Hulot : c’est parce que nous avons malmené les écosystèmes, accentué de manière frénétique la consommation et laissé faire la mondialisation que le virus a pu naître et se répandre.»

    Sans surprise, face à ces problèmes que la science ou les gouvernements peinent à régler, les Français attendent plus de protection. Mais là encore, alors qu’on aurait pu les imaginer passifs, c’est d’abord sur eux-mêmes (52 %) ou sur leur famille (20 %) qu’ils comptent pour s’en sortir, l’Etat ne venant qu’en troisième option (avec 11 %). Une attitude pragmatique (ou résignée ?) qui ne les empêche pas d’estimer à 56 % que l’Etat reste le plus qualifié pour fournir une protection face à la délinquance (68 %), au changement climatique (67 %), à la maladie (57 %) ou à la pauvreté. «On retrouve des thématiques repérées lors de la crise des gilets jaunes, analyse Jérôme Fourquet. La peur du déclassement et l’inquiétude sont présentes. Avec les polémiques sur les masques, l’hôpital, l’activité en berne, les Français ont réalisé la fragilité de notre modèle. L’Etat est présent mais il ne peut pas tout régler. D’où ce repli sur la cellule familiale et la solidarité intergénérationnelle». Et de conclure : «Il n’y a pas de guerre de générations ; cette thèse ne tient pas…»

    Paradoxe. Pour les solutions «les plus utiles pour aider les gens au quotidien», les sondés privilégient nombre d’initiatives très concrètes : l’accès à une alimentation de qualité (35 %), le maintien à domicile des personnes âgées (35 %), un soutien financier pour les aidants (28 %), le plafonnement des loyers (35 %)… Seule revendication réellement politique : la création d’un revenu de base versé à tout le monde est plébiscitée à 31 %. «Un sujet qui avait marqué la campagne présidentielle», rappelle en souriant le politologue.

    Triste constat en revanche : les syndicats, jadis acteurs majeurs de la vie sociale et économique, ont quasiment disparu du paysage, comme les associations ou les collectifs de citoyens dont l’efficacité est jugée négligeable. Un paradoxe lorsque l’on constate que parmi les valeurs les plus plébiscitées par les Français, derrière la liberté (35 %) et la capacité pour chacun à maîtriser sa vie (32 %) se place… la solidarité (31 %).

    (1) Sondage réalisé auprès de 1 005 personnes selon la méthode des quotas entre le 21 et le 23 décembre. Retrouvez l’enquête en détail sur www.solutions-solidaires.fr.

    (2) Total supérieur à 100, les interviewés ayant pu donner plusieurs réponses.

    Lire aussi sur Libération.fr la tribune de Jérôme Fourquet sur le sondage.

    Article paru dans notre supplément forum Solutions solidaires.

    Fabrice Drouzy
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