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    Forum Solutions Solidaires: Tribune

    Pour un revenu minimum sans contrepartie

    Par Véronique Fayet, Présidente du Secours catholique
    Des personnes attendent la distribution de denrées alimentaires devant une antenne du Secours Populaire Francais à Mulhouse,n le 11 juin 2020.
    Des personnes attendent la distribution de denrées alimentaires devant une antenne du Secours Populaire Francais à Mulhouse,n le 11 juin 2020. photo Sébastien Bozon. AFP

    L’absence de contrepartie est un gage de confiance pour aider les plus précaires à avancer dans la vie et faire face aux défis écologiques et sociaux. Une tribune de Véronique Fayet, présidente du Secours catholique, qui participera aux journées Solutions Solidaires dont «Libération» est partenaire.

    La solidarité, c’est le thème du prochain Forum Libération diffusé en direct sur Libération.fr et Facebook. Pour inscrire cet événement dans votre agenda et suivre toutes ses actualités : cliquez ici.

    Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique caritas france.Notre société a opéré un glissement lent et continu vers l’idée suivante : il ne faut pas trop aider les pauvres, sans quoi ils risquent de préférer vivre au crochet de la société. Cette idée repose sur un postulat : vivre dans la pauvreté serait un choix. Comme si le chômage de masse n’était pas une réalité, qui prive durablement d’emploi des millions de personnes. Comme si les difficultés d’accès à l’emploi résultaient du manque de talents, d’efforts ou d’envies des personnes privées d’emploi. Comme s’il était finalement confortable de vivre des seules prestations sociales alors que nous voyons le courage et les efforts des allocataires des minima sociaux pour survivre.

    Les associations engagées auprès des personnes en situation de pauvreté peuvent en témoigner : ces représentations ne sont pas seulement erronées, elles sont d’une extraordinaire violence pour toutes celles et ceux qui voudraient sortir de la pauvreté, mais à qui la société ne donne pas l’opportunité. Cette violence n’est pas que symbolique car les sanctions contre les allocataires du RSA sont bien réelles : d’une diminution de moitié de l’allocation, déjà faible, jusqu’à la radiation. Autrement dit, celui qui n’accomplit pas ce que les institutions attendent de lui se trouve privé de tout revenu, condamné à une forme de mort sociale.

    Aujourd’hui, nous voulons prendre la société à témoin : avons-nous pris la mesure de ce que nous faisons subir à celles et ceux que notre économie a laissés sur le bord de la route ? Cette société qui les juge, qui les condamne aux humiliations, aux privations, est-ce bien la société dans laquelle nous voulons vivre ? Au fond, la stigmatisation de ceux que l’on nomme «assistés» vient entériner une séparation imaginée entre des inclus et des exclus : «des inclus» méritants, qui ne ménageraient pas leurs efforts et «des exclus» qui seraient responsables de leur situation et qui coûteraient «un pognon de dingue» !

    Cette justification des inégalités par le mérite est rassurante pour certains, qui vivent du bon côté des inégalités, mais ce sont les fondements mêmes de nos politiques sociales qui sont ici en jeu. Si nous formons une seule et même communauté politique, si nous voulons nous serrer les coudes face aux risques de la vie, alors décidons collectivement, comme notre pays a su le faire au sortir de la Seconde Guerre mondiale, d’apporter une réelle sécurité à chacun, de manière inconditionnelle.

    Cette sécurité doit passer aujourd’hui par le versement d’un revenu minimum véritablement garanti. Ce revenu doit être versé automatiquement à tous ceux qui en ont besoin, et être d’un montant suffisant (50% du revenu médian) pour permettre de vivre décemment. L’absence de contrepartie ne veut pas dire : «nous n’avons pas besoin de toi», mais au contraire, «nous comptons tellement sur toi que nous voulons te donner la sécurité qui te permettra d’avancer dans ton parcours et de contribuer avec nous à répondre aux immenses défis écologiques et sociaux de notre temps».

    Véronique Fayet Présidente du Secours catholique
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